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LA LEGENDE DES HOMMES-QUI-SAVENT-ALLUMER-LE-FEU

 

C’est une légende que l’on se raconte encore dans des tribus primitives d’Afrique ou d’Océanie.

On raconte cette légende lors d’une grande fête, la fête du feu.
Les enfants entendent chaque année la même histoire;

tous la retiennent par cœur et quand ils sont adultes ils racontent cette histoire à leurs enfants.

Un ancien de la tribu raconte :
II y a très, très longtemps, il s’est passé dans notre tribu un événement dramatique.

C’était un jour de tempête.

Le feu, ce feu si précieux qui brûle jour et nuit au centre du village s’est éteint.

C’est la stupeur!

Personne ne parvient à rendre vie au feu.

Le feu est mort définitivement (cette tribu ne connaissait pas la pierre à feu).
Les jours passent.
On mange froid, toujours froid.
Les nuits sont longues, si longues et froides.
Les enfants sanglotent la nuit tandis que les aînés prennent peur.
Quelle désolation dans le village! Beaucoup désespèrent.
On se réunit et on palabre longtemps.
Mais voici que, généreux et décidés, des jeunes de la tribu s’avancent.
Ce sont des gars qui ont l’ambition de servir.
– Nous irons au pays des Hommes-qui-savent-allumer-le-feu, disent-ils, et nous rapporterons la flamme.
Les petits crient de joie; les vieux se mettent à espérer.
C’est une aventure; il faut être fort et organisé, car il s’agit d’aller très loin et de faire vite…
Voici Bassérac : c’est le chef de la bande, un vrai chef, inventif, courageux, plein de cœur et de sagesse. Avec lui, on ira jusqu’au bout.
Bassérac a construit une “caisse à feu”, une caisse pour garder le feu:

une ardoise sert de fond et les côtés sont faits d’ardoises avec de petites ouvertures pour permettre à l’air de passer.
La flamme y sera gardée comme un bijou dans son écrin.
Cinq gars forts et disciplinés accompagnent Bassérac. Celui-ci prend la parole:
– Pour rapporter le plus rapidement possible le feu, nous allons organiser des relais.

Tous parcourent une première étape.

Le chef poste là UIric qui assurera le dernier relais.

Les cinq autres continuent; une deuxième étape et c’est Vabo qui est posté; après la troisième, c’est Gensic; pour la quatrième c’est Sirca; pour la cinquième Ouata.
La même consigne pour tous: “Attendez à votre poste et levez-vous dès que vous verrez arriver le feu.”
Bassérac franchit seul la dernière étape.

Il est sans crainte et, s’il le faut, il renversera les obstacles.
Le voici enfin devant les hommes-qui-savent-allumer-le-feu :
– Ô frères lointains, dit-il, écoutez ma demande: elle est celle de toute une tribu en détresse.
Je désire pour tous ceux de ma terre lointaine la fleur rouge qui réjouit les yeux et fait chanter le cœur des hommes.
Je désire la flamme claire qui chasse le noir de la nuit.
Je désire le feu qui brille et qui illumine,
qui réchauffe et qui guérit,
qui cuit notre pain et qui nous fait vivre.
Les Hommes-qui-savent-allumer-le-feu l’ont écouté.

Ils discutent entre eux. Leur chef parle:
– Etranger, tu recevras le feu. Mais, à une condition: sauras-tu garder ce feu pour le transmettre ?
Le jeune homme se lève hardiment, montre à tous la caisse qu’il a préparée et les branchages dont il s’est muni.

Il proclame avec assurance:
– Oui, si je reçois le feu, je le jure, je le garderai pour le transmettre aux gens de ma tribu.
– Bien, répond le chef, nous te donnons le feu, car je sais que tu ne le laisseras pas mourir.
Tout joyeux, Bassérac s’encourt, emportant son précieux trésor: le feu.

Tout en sueur et rompu de fatigue, le voici devant son compagnon Ouata.
– Ô mon compagnon, dit-il, ô mon frère, reçois le dépôt sacré du feu.

Sauras-tu le garder et le transmettre ?
– Aie confiance, Bassérac, j’ai préparé un fagot de branches sèches que le feu aime;
il ne s’éteindra pas. Je saurai le garder et le transmettre.
Ouata prend le relais.
Quatre fois encore, la même scène se reproduit.

A chacun des relais, la phrase solennelle est prononcée.

Chacun promet, reçoit le feu, puis court jusqu’à l’étape suivante.

Ulric prend le dernier relais. Fatigué et heureux à la fois, il pénètre dans le village.
– “Le feu, le feu, UIric apporte le feu”, crient les enfants. Les plus jeunes, les anciens, tous accourent.
Au milieu du village, on a préparé des brindilles, du bois tendre, ce bois que le feu aime.

Et alors, Ulric dépose son précieux trésor.

Il transmet la flamme.

Une gerbe de feu jaillit au milieu de la tribu.
On est sauvé, le feu est là. La vie va renaître.
Ce soir-là, ce fut la fête jusqu’au petit matin.
Que la nuit était belle.
On fit des rondes de joie autour du feu nouveau.
Et chaque année depuis des années et des années, toute la tribu se réunit pour une grande fête, la fête du feu.

On se souvient de Bassérac et de ses compagnons.
On raconte leur histoire et ainsi se transmet la légende du feu.
Mais c’est autour du feu que l’amitié entre les gens de la tribu se ranime, se rallume, se refait chaque année.
Le feu rappelle à tous que l’amitié entre eux ne peut pas s’éteindre.

Et les anciens disent:
– Si l’amitié vient à mourir, le feu s’éteindra.

 

Note importante: du plus loin que je me souviens je jure que je n’ai aucune idée de comment cette légende est arrivée jusqu’à moi. Je cherche dans mes livres de contes et je ne la trouve pas, je cherche sur internet et je la trouve dans un de mes autres e-livres “I.M.P.A.C.T” et dans un receuil chrétien où cette histoire est utilisée comme métaphore pour la foi.

Je me souviens maintenant, ecrivant ces lignes.

Dans le grand ordinateur de feu mon pere, il y avait un receuil de contes de sagesse regroupant divers contes, enfin je crois, je ne sais plus, je pleure.

Si vous cliquez sur le titre vous allez être dirigé vers le conte dit par moi-meme et mis en musique par Ojo ex Radio PapooZ soit encore moi vieux Zamok qui se renomme encore en attendant la renommée.

Ce conte fait partie du spectacle conté ” Au commencement du monde”,

c’est une oeuvre en création, n’hésitez pas à me contacter à [email protected]

Pour venir la jouer chez vous, avec ou sans piano.

Merci

Date du jour 23.2.2016